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Loi du 12 novembre 2004 sur la lutte contre le blanchiment : articles clés et mises à jour 2026

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La loi du 12 novembre 2004 est le texte de base de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme au Luxembourg : elle désigne les professionnels assujettis, fixe leurs obligations de vigilance, d'organisation et de déclaration, organise la surveillance et prévoit les sanctions. La version consolidée applicable au 8 août 2026 intègre les lois des 16 et 22 juillet 2026.

Comment la loi est construite

Le titre I regroupe les obligations professionnelles. Le chapitre 1er traite des définitions, du champ d'application et des autorités de contrôle ; le chapitre 2 des obligations professionnelles ; le chapitre 3 des dispositions propres aux assurances, aux avocats, aux transferts de crypto-actifs vers des adresses auto-hébergées et aux prestataires de services aux sociétés et fiducies ; le chapitre 3-1 de la surveillance et des sanctions ; le chapitre 4 des sanctions pénales. Le titre I-I organise la coopération nationale et internationale.

L'article 1er définit les notions que tout dossier de conformité utilise : le blanchiment (renvoi à l'article 506-1 du Code pénal), le financement du terrorisme (article 135-5 du Code pénal), le bénéficiaire effectif, les personnes politiquement exposées, la relation d'affaires et le pays à haut risque.

Les articles à connaître

ArticleObjet
1erDéfinitions, dont le bénéficiaire effectif (paragraphe 7) et les personnes politiquement exposées (paragraphes 9 à 12)
2Champ d'application : liste des professionnels assujettis
2-1Autorités de contrôle (CSSF, CAA, AED) et organismes d'autorégulation
2-2Évaluation des risques de l'entité
3Vigilance à l'égard de la clientèle, conservation des documents pendant cinq ans
3-1 et 3-2Vigilance simplifiée et renforcée
3-3Exécution des mesures de vigilance par des tiers
4Organisation interne adéquate, formation du personnel (paragraphe 2)
4-1Politiques et procédures à l'échelle du groupe
5Coopération avec la CRF et déclaration des opérations suspectes
5-1Signalements de la CRF (inséré en 2026)
7 et 7-2Avocats ; prestataires de services aux sociétés et fiducies
8-2 à 8-7Pouvoirs de surveillance, sanctions administratives, publication, recours
9Sanctions pénales
9-1quater à 9-1sexiesComité de prévention, évaluations des risques, statistiques

Ce qu'ont changé les lois de juillet 2026

Loi du 16 juillet 2026. Elle modifie l'article 9-1quater et insère deux articles. L'article 9-1quinquies charge le Comité de prévention de tenir à jour l'évaluation nationale des risques et de la réviser au moins tous les quatre ans, en tenant compte de l'évaluation supranationale de la Commission européenne. L'article 9-1sexies confie au secrétariat exécutif la collecte et la consolidation des statistiques, transmises chaque année à la Commission européenne et, pour les données requises, à l'AMLA. L'article 9-1quater désigne désormais le Comité de prévention comme mécanisme national de coordination et prévoit un coordinateur national.

Loi du 22 juillet 2026. Elle insère l'article 74-4bis dans la loi du 7 mars 1980 sur l'organisation judiciaire et l'article 5-1 dans la loi de 2004. La CRF peut signaler aux professionnels visés à l'article 2, paragraphe 1, point 1 (établissements de crédit, PSF, établissements de paiement et de monnaie électronique, notamment) et point 20 (prestataires de services sur crypto-actifs) les numéros de comptes qui présentent un risque important de fraude, avec les typologies de fraude concernées. Les professionnels qui demandent à recevoir ces signalements les utilisent exclusivement pour la lutte contre le blanchiment, ne les révèlent pas au client et suppriment les informations reçues dans les six mois.

Si vos procédures internes ont été rédigées avant juillet 2026, ces deux lois sont les premières références à vérifier.

Les pouvoirs de surveillance : articles 8-1 à 8-7

L'article 8-1 impose aux autorités de contrôle une surveillance fondée sur les risques : la fréquence et l'intensité des contrôles sur site et hors site dépendent du profil de risque du professionnel ou de son groupe. L'article 8-2 leur donne accès à tout document, le droit de convoquer et d'entendre, de procéder à des inspections sur place, d'exiger les enregistrements téléphoniques et les communications électroniques, de transmettre des informations au Procureur d'État et d'enjoindre à un professionnel de mettre fin à une pratique contraire à la loi. L'injonction peut s'accompagner d'une astreinte de 1 250 euros par jour au maximum, dans la limite de 25 000 euros au total.

Les décisions des autorités de contrôle ouvrent un recours en pleine juridiction devant le Tribunal administratif, à introduire dans le délai d'un mois à partir de la notification (article 8-7). Les sanctions elles-mêmes sont détaillées dans notre article sur les sanctions LBC/FT.

L'obligation de formation de l'article 4

L'article 4, paragraphe 2, impose des mesures proportionnées aux risques, à la nature et à la taille du professionnel pour que les employés, y compris les membres des organes de gestion et de la direction effective, connaissent leurs obligations LBC/FT et les exigences de protection des données. Ces mesures comprennent la participation à des programmes spéciaux de formation continue. Le règlement CSSF n° 12-02 en détaille le programme, comme l'explique notre article sur la formation LBC/FT obligatoire.

Lire la loi avec les textes qui l'entourent

La loi pose les obligations de principe. Le règlement grand-ducal du 1er février 2010 en précise certains points, le règlement CSSF n° 12-02 en détaille l'application pour les entités supervisées par la CSSF, et les circulaires de la CSSF indiquent comment le superviseur lit les règles. À partir du 10 juillet 2027, le règlement (UE) 2024/1624 s'applique directement et reprend une grande partie de ces obligations (voir le règlement (UE) 2024/1624).

Pour une citation dans une procédure ou un dossier, utilisez la version consolidée de Legilux, qui indique sa date d'applicabilité, et reportez-vous au Journal officiel pour le texte originel d'une modification.

Passer de la règle à la pratique

La leçon 1.2 du cours, La loi du 12 novembre 2004 et ce qu'elle exige vraiment, est gratuite et ouverte sans compte : elle parcourt les articles 2, 3, 4 et 5 et les articles insérés en juillet 2026.

Le cours complet AML/CFT et KYC en pratique au Luxembourg prolonge ce parcours avec 30 leçons en sept modules, chaque leçon accompagnée de sa transcription mot à mot et de ses sources officielles liées, plus une évaluation par module. Il coûte 99 €, avec 12 mois d'accès. Cours en anglais, transcription mot à mot incluse.

Frequently asked questions

Quelle est la version consolidée en vigueur de la loi du 12 novembre 2004 ?

Legilux publie la version consolidée applicable au 8 août 2026, qui intègre les lois du 16 juillet 2026 et du 22 juillet 2026. Les versions consolidées précédentes datent du 10 février 2025 et du 27 juillet 2026.

Quelles lois ont modifié la loi de 2004 en juillet 2026 ?

La loi du 16 juillet 2026 modifie l'article 9-1quater et insère les articles 9-1quinquies et 9-1sexies (Comité de prévention, évaluation nationale des risques, statistiques). La loi du 22 juillet 2026 insère l'article 5-1 sur les signalements de la CRF.

Quel article de la loi impose la formation du personnel ?

L'article 4, paragraphe 2. Il oblige les professionnels à prendre des mesures proportionnées à leurs risques, à leur nature et à leur taille pour que leurs employés et dirigeants connaissent leurs obligations, y compris par des programmes de formation continue.

La loi de 2004 définit-elle le blanchiment ?

Elle renvoie à l'article 506-1 du Code pénal et à l'article 8-1 de la loi du 19 février 1973 pour le blanchiment, et à l'article 135-5 du Code pénal pour le financement du terrorisme (article 1er, paragraphes 1 et 2).

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