La vigilance renforcée s'ajoute aux mesures de base lorsque le risque de blanchiment ou de financement du terrorisme est plus élevé. L'article 3-2 de la loi du 12 novembre 2004 l'impose selon l'appréciation des risques et, à tout le moins, pour les pays à haut risque, les relations de correspondant transfrontalières et les personnes politiquement exposées.
Les cas où la vigilance renforcée s'impose
| Situation | Texte | Mesure principale |
|---|---|---|
| Risque plus élevé identifié par le professionnel | Article 3-2, paragraphe 1 | Mesures renforcées proportionnées ; facteurs de l'annexe IV au minimum |
| Transaction complexe, d'un montant inhabituellement élevé, selon un schéma inhabituel ou sans objet économique ou licite apparent | Article 3-2, paragraphe 1 | Examiner, dans la mesure du raisonnable, le contexte et la finalité ; renforcer la surveillance de la relation |
| Relation ou transaction impliquant un pays à haut risque | Article 3-2, paragraphe 2 | Six mesures renforcées, voir ci-dessous |
| Relation de correspondant transfrontalière | Article 3-2, paragraphe 3 | Évaluation de l'établissement client et autorisation de la haute hiérarchie ; interdiction des sociétés bancaires écran |
| Personne politiquement exposée | Article 3-2, paragraphe 4 | Voir l'article sur les personnes politiquement exposées |
| Produits ou transactions favorisant l'anonymat | Article 3-2, paragraphe 5 | Attention particulière et mesures pour empêcher leur usage à des fins de blanchiment |
Qu'est-ce qu'un pays à haut risque
L'article 1er, paragraphe 30, désigne un pays qui figure sur la liste des pays tiers à haut risque établie en application de l'article 9, paragraphe 2, de la directive (UE) 2015/849, ou désigné par le GAFI comme présentant un risque plus élevé, ainsi que tout autre pays que les autorités de contrôle et les professionnels considèrent à haut risque d'après les facteurs géographiques de l'annexe IV. Ces facteurs comprennent les pays identifiés par des sources crédibles comme dépourvus de systèmes efficaces de LBC/FT, ceux qui présentent des niveaux significatifs de corruption ou d'autre activité criminelle, ceux qui font l'objet de sanctions ou d'embargos de l'Union européenne ou de l'ONU, et ceux qui financent ou soutiennent des activités terroristes.
Les six mesures renforcées de l'article 3-2, paragraphe 2
- Obtenir des informations supplémentaires sur le client et les bénéficiaires effectifs et mettre à jour plus régulièrement leurs données d'identification.
- Obtenir des informations supplémentaires sur la nature envisagée de la relation d'affaires.
- Obtenir des informations sur l'origine des fonds et l'origine du patrimoine du client et des bénéficiaires effectifs.
- Obtenir des informations sur les raisons des transactions envisagées ou réalisées.
- Obtenir l'autorisation d'un membre d'un niveau élevé de la hiérarchie pour nouer ou maintenir la relation.
- Mettre en œuvre une surveillance renforcée, en augmentant le nombre et la fréquence des contrôles et en déterminant les schémas de transaction qui nécessitent un examen plus approfondi.
Le premier paiement passe, le cas échéant, par un compte ouvert au nom du client auprès d'un établissement de crédit soumis à des normes de vigilance au moins aussi élevées que celles de la directive (UE) 2015/849. Les mesures renforcées ne s'appliquent pas automatiquement aux succursales ou filiales majoritaires situées dans des pays à haut risque si elles respectent intégralement les politiques de groupe (paragraphe 1).
Contre-mesures et tiers
Les autorités de contrôle exigent, le cas échéant, une ou plusieurs contre-mesures supplémentaires : éléments additionnels de vigilance renforcée, mécanismes de déclaration renforcés ou déclaration systématique des transactions financières, limitation des relations d'affaires ou des transactions avec des personnes ou entités de ces pays (paragraphe 2bis). L'article 3-3, paragraphe 1, interdit en outre de recourir à des tiers établis dans des pays à haut risque.
Ce que précise le règlement CSSF 12-02
L'article 31 impose aux professionnels de la CSSF une procédure spécifique d'acceptation et de suivi des clients de pays à haut risque : intervention systématique du responsable du contrôle et autorisation écrite de la direction autorisée (le niveau élevé de la hiérarchie désigne au moins le responsable du respect), identification et vérification renforcées, y compris de l'origine des fonds et du patrimoine, et surveillance renforcée. Les professionnels mettent aussi en œuvre les contre-mesures que la CSSF spécifie. L'article 26 donne des exemples de mesures renforcées : informations supplémentaires sur le client, sur les fonds et le patrimoine, vérification auprès de sources indépendantes, visite du client ou courrier recommandé avec accusé de réception, premier paiement via un compte au nom du client. L'article 27 traite de l'entrée en relation à distance sans autres garanties.
Ce que change le règlement (UE) 2024/1624
Le règlement traite l'ensemble dans sa section 4 : l'article 34 énumère les cas et les mesures de vigilance renforcée (informations supplémentaires, origine des fonds et du patrimoine, accord de la direction, surveillance renforcée), les articles 29 à 31 organisent l'identification des pays tiers à risque au niveau de l'Union, et les articles 36 à 46 couvrent les relations de correspondant, les adresses auto-hébergées, les personnes politiquement exposées et les résidents par investissement. Le calendrier est décrit dans l'article sur le règlement (UE) 2024/1624.
Passer de la règle à la pratique
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Frequently asked questions
Quand la vigilance renforcée est-elle obligatoire ?
Dans les situations de risque plus élevé identifiées par l'évaluation du professionnel et, à tout le moins, pour les pays à haut risque, les relations de correspondant transfrontalières et les personnes politiquement exposées (loi du 12 novembre 2004, article 3-2, paragraphes 1 à 4).
Qu'est-ce qu'un pays à haut risque ?
Un pays figurant sur la liste des pays tiers à haut risque recensés en application de l'article 9, paragraphe 2, de la directive (UE) 2015/849, ou désigné comme présentant un risque plus élevé par le GAFI, ou que les autorités et les professionnels jugent à haut risque d'après les facteurs géographiques de l'annexe IV (article 1er, paragraphe 30).
Peut-on recourir à un tiers établi dans un pays à haut risque ?
Non, c'est interdit, sauf pour les succursales et filiales majoritaires de professionnels établis dans l'Union européenne qui respectent intégralement les politiques de groupe (article 3-3, paragraphe 1).
Qui autorise une relation avec un client d'un pays à haut risque ?
Un membre d'un niveau élevé de la hiérarchie (article 3-2, paragraphe 2, point e). Pour les professionnels de la CSSF, au moins le responsable du respect, avec intervention systématique du responsable du contrôle (règlement CSSF 12-02, article 31).
Official sources
- Loi du 12 novembre 2004, art. 1er paragraphes 19 et 30, art. 3-2, art. 3-3 paragraphe 1 et annexe IV (Legilux, version consolidée applicable au 08/08/2026)
- Règlement CSSF n° 12-02 modifié par le règlement CSSF n° 20-05, art. 26, 27, 30 et 31 (texte coordonné CSSF)
- Règlement (UE) 2024/1624, art. 29 à 31, 34 à 46 (EUR-Lex)
- Primary Source, cours AML/CFT et KYC en pratique au Luxembourg (page servie le 11/10/2026)